RL 456 01  Editorial : Laurent Socquet
 
Photo de couverture : Relax entre Lot et Célé.

 Soyons égoïstes !

 Quoi ? Le Véloce ne fait plus l’éloge de la camaraderie ? Roue libre fait l’apologie de ce vilain défaut qu’est l’égoïsme ? Oui, mais un égoïsme bien compris, au sens étymologique, penser à soi. Pas de meilleure stratégie que de penser à soi tant que nos frêles carcasses seront aussi vulnérables vis-à-vis des automobiles, des défauts de la chaussée, des piétons étourdis et… des autres cyclistes dont ceux du peloton !

 J’ai bien dit égoïste et non pas individualiste. Ce dernier adjectif habite le livreur de pizzas qui prend les giratoires à l’envers, le jogger qui, écouteurs sur les oreilles, traverse sans regarder… totalement improductif pour un cycliste !

 J’ai parlé de nos frêles carcasses : c’est bien l’enjeu face aux dangers qui nous guettent. Le chevreuil qui traverse la route n’est pas assuré, l’automobiliste (à supposer qu’il soit en tort) risque au pire un retrait temporaire du permis, une amende mais il s’en remettra. Quant au cycliste, il n’aura pas le choix entre des blessures laissant peu de séquelles et les autres avec handicap. Même bien indemnisées les séquelles seront infiniment moins souhaitables que l’absence de blessure. Pensons à nos os, personne ne nous reprochera cette forme d’égoïsme !